Le point de départ
Des serveurs configurés à la main, autour d’une ébauche de cluster Docker Swarm. Le résultat ne répondait à aucune des attentes, et l’équipe devait développer elle-même une bonne partie de ce qu’un orchestrateur moderne fournit de base : redémarrage des services, mise à l’échelle, gestion de la configuration.
Nous sommes intervenus en sous-traitance du partenaire logiciel du client.
Le défi
Faire tourner Kubernetes sans Internet, à l’installation comme en exploitation, à une époque où ni les outils ni la documentation ne couvraient ce cas :
- installer sans accès aux dépôts publics ;
- héberger une registry d’images locale, jusqu’aux images système qu’on oublie, comme l’image pause de chaque pod ;
- mettre à jour sans connexion ;
- le tout pour une équipe qui découvrait l’orchestration de conteneurs.
Le moment critique
Kubespray ne prévoyait presque rien pour l’air-gap, et les erreurs apparaissaient tard, parfois loin dans les tests. Chaque correction en révélait une nouvelle, au point que livrer dans les délais a semblé hors de portée.
Nous avons changé de méthode : construction de la plateforme entièrement automatisée, échec rapide dès le poste du développeur, et une suite de tests très complète qui bloquait les régressions et raccourcissait fortement la boucle de retour.
Ce que nous avons livré
- Un cluster Kubernetes sur mesure, 100 % hors ligne : Kubespray, containerd, local-path-provisioner pour le stockage, registry Docker embarquée.
- Une plateforme entièrement déclarative : chaque déploiement est un playbook Ansible versionné dans Git et appliqué automatiquement. Le client peut la reconstruire et la faire évoluer seul.
- La mise à l’échelle : sans toucher au logiciel propriétaire du client, son application encaisse une charge nettement plus lourde.
Résultat
Une plateforme autonome, déployée dans des camions partout dans le monde. Le client l’a reprise en main et continue d’itérer dessus, plusieurs années après. Il aurait voulu que nous restions.
« Sans vous, on n’y serait jamais arrivés. »
Si c’était à refaire en 2026
L’écosystème a mûri. Nous partirions aujourd’hui sur Talos Linux, un OS immuable pensé pour Kubernetes, Cilium pour le réseau et la sécurité, et CloudNativePG pour les bases de données. L’approche resterait la même : tout déclaratif, tout testé, rien à la main.

